Esther Tellermann, Voix à Rayures, Stéphane Thibierge.


Ces poèmes, il faut les lire – le titre même l’indique – entre audible et visible. Traces, par exemple, d’une voix enregistrée, avec ces bruits de rayures qui font entendre, à une plus grande profondeur, la voix vivante dont ils décèlent le support. Ou encore lignes, verticales des mots, horizontales des vers, qui alternent, s’interrompent, reprennent, font de la lumière et de l’ombre, laissent passer des couleurs soudaines – sur un corps qui serait à la fois chair et monde, comme la voix sur-vivant. Un ailleurs sans ailleurs, chromatique, solaire, transparaît dans les jours du « texte minéral », moins brisé que rayé par l’ombre que fait aussi l’arête – la fracture – du langage, et du son qui, en lui « acère (…) l’appel ». Rêve et mémoire s’appuient sur ce moment de rupture qui, le fond du langage comme abîme se renversant en écho, devient porteur de vie. En regard les photographies semblent avoir saisi l’invisible terrestre par delà aussi les grandes rayures émises à des moments où sa nuit se renverse en lumière, et s’équilibre le grand espace sombre, d’un ciel mouvant, de hautes herbes ou de pierres.

24 pages, format 18 x 28, avec trois photographies originales de Stéphane Thibierge, sur Centaure naturel 120 grammes, avec couverture à rabat sur Couché mat 280 grammes pelliculé. Imprimé en impression numérique par Dicolor à Dijon, à 99 exemplaires dont 20 exemplaires, numérotés de I à XX, signés par l’artiste et l’auteur, et 79 exemplaires, numérotés de 21 à 99. Numéroté(s) de I à XX, avec trois tirages argentiques : 100 euros. Numéroté(s) de 21 à 99 : avec trois tirages numériques : 20 euros.

























François LALLIER

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