
L´Origine et l´Antérieur, N.R.F. n°490, Novembre 1993.
Il s’agit de reconnaître l’objet perdu de ce qui semble être la mélancolie baudelairienne. Et nul texte ne permet mieux de le faire que l’énigmatique sonnet La vie antérieure, jamais vraiment interprété, et laissé à ses ambiguïtés dans les parages de Correspondances. L’étude sérieuse de ce poème et de son implication dans la structure d’un souvenir imaginaire permet de mettre au jour une forme originale de cette « voix » que déjà nous a donné d’entendre Mallarmé, en accord avec le visible, et fondatrice d’un sujet, d’un « je » paradoxal, dont l’expérience même, et la rencontre constituent l’expérience de la poésie, telle qu’elle sera maintenue, poursuivie, et confrontée avec les autres modalités de la vie. La vie antérieure, doit être reliée, sous ce signe, à la préface des Paradis Artificiels, et à la mystérieuse J.G.F. à laquelle cette préface est dédiée. Dès lors, s’ouvre un nouveau champ, plus secret, de la poétique de Baudelaire, en même temps qu’est touchée un instant une réalité elle aussi secrète du langage de la poésie, la « voix antérieure »
François LALLIER
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