
Une moderne Hérodiade, téphane Mallarmé, Europe, n° 825/826, Janvier /Février 1998.
Hérodiade, le grand poème jusqu’à la fin retravaillé, pour lequel Mallarmé, au cours de la grande crise de 1867/68, a « creusé le vers », et « trouvé le néant », n’a-t-il pas un écho dans La déclaration foraine, le poème en prose dans lequel, bien des années après, il inclura un de ses plus énigmatiques sonnets, « La chevelure vol d’une flamme à l’extrême… », témoignant d’une autre possibilité de « la femme », et du réel ouvert poétiquement par la « mise en demeure » d’un acte essentiel qui lui appartient, dans le champ du désir ? Le « rien », le « vide », y trouve peut-être, et l’on conclura sur ce « peut-être », dans la position féminine au regard de la jouissance, ici évoquée, la substance lumineuse de la lettre sur laquelle, au-delà de la mort du sujet, se fonde la poursuite du grand rêve mallarméen.
François LALLIER
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